Fibres textiles de bambou : le marketing vert peut coûter cher !

Par Xavier CLAISE et Benoît MOULINE

Qui n’a jamais vu ou été intrigué par des serviettes, tee-shirts ou chaussettes affichés en « fibre de bambous » aux propriétés attirantes ?

En effet, l’industrie textile s’est accaparée depuis les 5 dernières années de l’image « zen » du bambou, pour mieux vendre ses produits à grand renfort de publicités, d’étiquettes et de descriptifs techniques qui vantent ses propriétés écologiques , antibactériennes, hypoallergénique, transpirantes, absorbantes, etc ..
Un frein vient d’être donné aux USA à ces pratiques par la « Federal Trade Commission » , agence indépendante chargée d’appliquer le droit de la consommation et de contrôler les pratiques commerciales.
Article original : http://www.adweek.com/news/advertising-branding/ftc-says-retailers-are-bamboozling-shoppers-fake-bamboo-fabrics-168525

Elle a épinglé 4 sociétés pour des pratiques publicitaires mensongères concernant le bambou : il s’agit de la vente de produits réputés en bambou et qui ne le sont pas vraiment, plus précisément des textiles « fait de fibres de bambou purs » alors qu’il s’agit de rayonne.
En jouant sur l’ambiguïté entre matière première et réel composé textile, les entreprises concernées risquent la bagatelle de 1,3 million de $ de sanctions mais il faut dire qu’elles ont persisté avec leur marketing trompeur, malgré les lettres d’avertissement reçues en 2010.
Explications : le bambou n’est pas une plante textile. Il est possible d’en extraire les fibres, mais elles sont assez raides et ne se prêtent pas à ce type d’usage et à la transformation en fils. Pour cela, il faut nécessairement passer par la transformation chimique en rayonne.

Concernant les qualités techniques de la fibre, elles sont liées à sa nature artificielle (viscose ou lyocell) et non aux qualités intrinsèque du bambou dont il ne devient plus possible de distinguer les fibres ou la présence, après sa déstructuration en rayonne. Les allégations du type: « fibres naturelles de bambous » sont donc mensongères ou tout du moins trompeuses et devraient être remplacées, par exemple par « viscose d’origine 100 % bambou » si toutefois ces mentions précisant la source de la matière première sont acceptables par la réglementation Européenne ou Française.

Au-delà des tromperies du consommateur, même si cette affaire ternie quelque peu l’image du bambou, souhaitons qu’elle fasse en sorte que le marketing vert utilise des arguments étayés et fondés.

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