Fibres textiles de bambou : le marketing vert peut coûter cher !

Par Xavier CLAISE et Benoît MOULINE

Qui n’a jamais vu ou été intrigué par des serviettes, tee-shirts ou chaussettes affichés en « fibre de bambous » aux propriétés attirantes ? Lire la suite

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Une bambousaie est-elle une forêt ?

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L’AEB s’est intéressée au classement possible des grandes bambousaies en forêt du point de vue du droit et notamment du droit fiscal, les similitudes étant nombreuses : coût d’implantation importants, revenus à plus ou moins long terme, mode d’exploitation, durée d’établissement.

En effet, il s’applique aux forêts une réglementation spécifique (code forestier) et un régime fiscal particulier (droits de succession réduits,…) qui peuvent se révéler attractifs.

Or, après étude, il s’avère que les bambousaies, même celles contenant des bambous de plus de 5 m de haut et exploitées pour leur bois, ne constituent pas des forêts au sens de la définition physique et fiscale car elles ne sont pas constituées d’arbres. En l’absence de jurisprudence, elles pourraient notamment être reclassées en friches ou cultures agricoles.

Toutefois, du point de vue pratique, il suffit d’implanter dans une bambousaie des essences forestières à faible densité (1 arbre tous les 100 m2) pour qu’elle devienne juridiquement et fiscalement une forêt.

bambous plantés en forêt DSCN8428Bambousaie de Minémeur

Une forêt existante peut aussi avoir des petits vides non boisés, occupés par des bosquets de bambous et garder son statut de forêt, de même qu’une ancienne forêt dont les arbres ont été coupés et dont les bambous ont pris la place.

La rentabilité d’une bambousaie nécessitant de valoriser plusieurs parties de la plante (turions, chaumes, sujets en mottes ou conteneurs, …), les revenus qu’on en tirera peuvent conditionner son statut et certaines obligations administratives (cotisations MSA et chambre d’agriculture…) ; il conviendra de bien se renseigner en amont pour éviter les déconvenues.

Définition d’une forêt selon le Centre National de la Propriété Forestière : http://www.ofme.org/crpf/documents/fiches/630000.pdf

Article rédigé par Benoît Mouline (2015)

Phyllostachys aurea

Dans un bosquet de Phyllostachys aurea, les chaumes ne sont pas tous identiques; Le chaume le plus gros, vert bleuté est sorti de terre l’année où a été prise la photo; il est le plus récent.
pour site Ben IMAG5731
Le chaume de droite au diamètre moindre, a un an de plus que le précédent, il commence à prendre la teinte vert jaune plus représentative du type P.aurea.
Les noeuds du bas du chaume sont resserrés, ils ne sont pas horizontaux car l’entrenoeud se développe plus d’un côté que de l’autre. Ce phénomène est alternatif, ainsi le chaume est, dans son ensemble, vertical. Le haut de chaque entrenoeud présente un renflement caractéristique. On dit parfois qu’ils sont compressés.
Les deux chaumes de droite représentent bien le chaume de P. aurea.
Sur la photo on remarque que le chaume de gauche est plus fin ; il est vert soutenu, il doit donc être assez récent. Mais pourquoi est-il si fin ? Sauf exception, la sortie des plus gros turions de Phyllostachys se produit au début du printemps, quand les rhizomes disposent d’un maximum d’énergie emmagasinée au cours de l’été et de l’automne précédents. Au cours des étés chauds et humides une seconde sortie de turions se produit, donnant quelques chaumes beaucoup plus frêles que ceux du printemps car les rhizomes n’ont plus l’énergie nécessaire pour produire de gros chaumes. Il est probable que le chaume de gauche soit dans ce cas.
Les feuilles du P. aurea sont vertes.
Cet exemple montre que les chaumes d’un seul pied de bambou ne sont pas toujours identiques. Dans le cas du P. aurea, en général, un chaume sur trois présente des entrenoeuds compressés ; il est donc nécessaire d’observer l’ensemble des chaumes d’un bosquet de bambous pour l’identifier.

Trois cultivars de Phyllostachys aurea sont plantés en France :
Photo2_aurea_ 'Koï
Le Phyllostachys aurea ‘Koï’, chaume jaune et sulcus vert, renflement en haut de chaque entrenoeud, même port dense et dressé que P.aurea. Feuilles vertes avec parfois une fine strie jaune.

Photo3_fl_ iinversa
Le Phyllostachys aurea ‘Flavescens inversa’ au chaume vert et sulcus jaune, avec le renflement en haut de l’entrenoeud et même port que P.aurea. Feuilles vertes.

Photo4_ _Holochrysa
Le Phyllostachys aurea ‘Holochrysa’ aux chaumes prenant diverses teintes de jaune au fil du temps et au même port érigé.
Comme pour beaucoup de Phyllostachys la couleur d’un chaume d’un taxon déterminé varie en fonction de son âge.

photo5_Paabv
Le Phyllostachys aurea ‘Albovariegata’, cultivar plus petit que le type, au chaume vert clair mais qui se distingue par des feuilles vertes marquées de vastes stries blanches. Port dense et rectiligne.

Article rédigé par Anna Mion à partir d’une photo transmise par B. Mouline