Zoom sur le MOSO ou Phylostachys edulis

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(Bosquet de Moso aux dimensions exceptionnelles, dans les Landes)

Le Phyllostachys edulis porte le nom de «mao zhu» (ndlr: moso), en Chine. Il est également nommé Phyllostachys pubescens en référence à la pilosité qui recouvre les gaines de ses jeunes chaumes.

Origine: avec climat chaud et humide (mousson) en été et sec plus ou moins froid en hiver.

Hauteur et diamètre: très variable suivant le climat et les conditions pédologiques. De 4 à 12 m dans le nord de l’Europe avec un diamètre moyen de 4 à 8 cm et de 15 à 25 m dans le sud avec un diamètre moyen courant de 10 à 16 cm.

Exigences culturales: il a besoin de beaucoup de chaleur et d’ensoleillement. Sa résistance au froid, une fois établie est de l’ordre de -16 à -21°C mais il ne supporte pas les excès d’eau notamment hivernaux. Il nécessite des sols profonds, de pH neutre à acide, de bonne qualité agronomique et bien drainés avec très bonne réserve en eau et/ou une nappe phréatique proche aux saisons chaudes, ne limitant pas l’alimentation hydrique.

Zone climatique adaptée: pour qu’il exprime son potentiel, c’est un bambou à réserver au sud de la France et de l’Europe, dans zones ensoleillées avec une période chaude prolongée et avec une exposition si possible abritée des principaux vents. Du fait de la sortie précoce de ses turions (jeunes pousses) en mars-avril, c’est un bambou qui craint les gelées tardives. La densité de sortie des turions varie considérablement suivant les années notamment en fonction de la température, et de la réserve en eau du sol.

Utilisations: il s’agit de l’espèce à la croissance traçante, la plus intéressante en Chine pour sa productivité, la qualité du bois et ses turions très appréciés sur les marchés locaux. Elle représente dans ce pays, 70% des surfaces couvertes en bambou.

Retour d’expérience en France de l’AEB: c’est un bambou géant difficile et décevant dans bien des situations il ne donne pas ce que l’on attend de lui. Il est souvent supplanté par d’autres espèces géantes, du fait de leur plus grande plasticité au climat et de leur croissance plus rapide. Sa phase d’établissement nécessite, dans de bonnes conditions une quinzaine d’année mais on manque d’expérience de sa culture à des fins commerciales et des rendements possibles en France. D’autres espèces géantes sont plus facile à cultiver, plus fiables et peuvent rendre des services équivalents vis à vis de la production de chaumes ou de turions comestibles.

Exploitation à des fins commerciales: des plantations avec cette espèce sont en cours dans le sud de l’Europe pour des projets de biomasse, de production de cellulose ou de chaumes secs et de turions comestibles. A défaut de références locales, il est intéressant de regarder les rendements obtenus hors Europe. En Chine, d’après ceux annoncés à la FAO, il se situerait entre 660 et 2000 chaumes à l’hectare et par an suivant la fertilité des sols, les pratiques culturales et le climat. Dans ce pays, une conduite en usage mixte (chaumes et turions) avec fertilisation peut produire 500 Kg à 1 tonne de turions alimentaires par an et par hectare. En Australie, un hectare de moso, irrigué et fertilisé à des fins uniquement alimentaires donne 6 à 12 tonnes de turions par an. Concernant l’exploitation à des fins de biomasse, des essais Nord-Américains avec fertilisation, montrent que l’on peut s’attendre à une production maximale de 15 m3/ha/an, similaires à des exploitations forestières type peupleraies sur sols fertiles.

Il est à noter que beaucoup de bambous ont une floraison grégaire suivis de mortalité et/ou baisse significative de rendement. Pour le Moso, le cycle de reproductif est de 50 à 60 ans (depuis la germination) mais cette durée est réduite dans le cas de division végétative, les sujets obtenus conservant l’âge génétique de la plante mère utilisée pour la propagation.

Il nous semble indispensable d’éviter toute monoculture quand il s’agit de bambous afin d’éviter la disparition de l’ensemble de la plantation en cas de floraison de l’espèce plantée. Il est absolument nécessaire de planter au moins trois espèces différentes pour assurer la pérennité de l’entreprise ainsi que l’étalement de la récolte des pousses de bambous.

Une étude de l’association est consultable pour approfondir le sujet:

https://aebfrance.org/2015/04/27/perspectives-de-developpement-du-bambou-en-france-metropolitaine/

Essais effectués en France: des essais de plantations de Moso ont été réalisés il y a plusieurs dizaines d’années dans les landes, la Dordogne et la Bretagne à des fins commerciales. Elles se sont soldées par des échecs, pour différentes raisons: difficultés à se procurer des plans de qualité, inadaptation au climat, mauvaises connaissances des conditions culturales, absence de débouchés et de filière industrielle, …

le voir en France ? La bambousaie de Moso la plus connue ouverte au public se situe à Prafrance dans le Gard. On trouve également ce bambou dans d’autres bambousaies comme celle de Planbuisson en Dordogne ou sous forme de bosquets dans des parcs et des jardins privés du sud.

 

 

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